Avant : un projet urbain resté inachevé
Dès l’ouverture du musée en 1987, un projet d’aménagement des abords est envisagé. L’objectif est de connecter le musée à son environnement pour créer un véritable quartier. Dans les années 1980, le studio Totem a imaginé une promenade au coeur d’un jardin, pensée comme prolongement naturel du musée, qui n’a jamais été réalisée. Les abords auraient alors été intégrés dans une zone d'aménagement concerté (ZAC) plus vaste, comprenant le futur musée de l’Arme ainsi que des espaces commerciaux et tertiaires.
Jusqu’en 2000, la Ville de Saint-Étienne assure l’entretien des espaces verts. Lorsque le musée passe sous la tutelle de Saint-Étienne Métropole, la gestion des abords évolue avec des interventions ponctuelles : lors de l’aménagement du tramway, par exemple, les talus sont végétalisés. Malgré ces initiatives, les aménagements restent fragmentés. Il n’existe pas de projet paysager global.
En 2024, un tournant décisif intervient : les services des bâtiments de la Ville et de la Métropole fusionnent et se recentrent sur le bâti. La gestion des espaces verts revient alors au musée : c’est l’opportunité de les repenser entièrement.
Aujourd’hui : un projet mené avec le Campus Montravel
Pour concevoir l’aménagement paysager, le musée s’associe au Campus Montravel pour trois années scolaires (2024-2027). Les élèves des filières horticole et paysagère interviennent directement sur la parcelle, en réalisant des inventaires de la faune et de la flore, propositions d’aménagement, plantations et suivi des espaces plantés. Ils sont encadrés par leurs formateurs, des professionnels agricoles de la Loire et un cabinet de paysagisme.
En 2024, les élèves du BTS Aménagements Paysagers et du CAP Jardinier Paysager réalisent deux massifs avec des végétaux locaux, de part et d’autre de l’escalier central en face de l’entrée du musée. Cette intervention prend la forme de l’oeuvre Agbatana II de Frank Stella (qui à ce moment-là était montrée dans l’exposition Hors Format – Collections en chantier) … mais les fleurs ne voient jamais le jour : les lapins, très présents sur le site, dévorent les premières pousses avant leur floraison.
Parallèlement, une étude révèle que les sols sont pollués. L’École des Mines de Saint-Étienne est sollicitée pour identifier les solutions possibles. La phytostabilisation est retenue : des espèces végétales capables de stabiliser les métaux dans le sol sans les absorber, ni les transmettre, pourront être plantées.
Demain : une prairie fleurie accessible à toutes et tous
D’autres diagnostics révèlent plusieurs contraintes, comme des terrains en pente, des zones non terrassées et une accessibilité limitée pour les personnes à mobilité réduite. Plutôt que d’aménager un jardin classique nécessitant un entretien intensif, le projet privilégie une prairie fleurie, plus adaptée au site et à son environnement.
Le partenariat visant à aménager la prairie fleurie, entre le Campus Montravel, L’École des Mines et le musée, est en cours et est renouvelé pour au moins trois ans. Une mare a été creusée, permettant d’accueillir les batraciens. L’escalier pourrait avoir une fonction d’auditorium en plein air. Guidée par le principe de phytostabilisation, la plantation des espèces sera pensée pour sécuriser les sols tout en favorisant l’installation progressive de la biodiversité locale. L’objectif est de créer un paysage vivant, capable d’évoluer au fil des saisons.
Cette prairie transformera petit à petit les abords du musée. Elle deviendra alors un espace où visiteurs et riverains pourront se promener et profiter d’un cadre apaisé. Elle constituera également un terrain d’apprentissage durable pour les formations horticoles engagées sur le site, inscrivant le parc dans une dynamique à la fois pédagogique et territoriale. Cette prairie est un terrain d’expérimentation, les étudiants du Campus Montravel continuent de faire des propositions d’aménagements : la méthode Miyawaki, visant à planter très densement des arbres et arbustes, permettrait de créer une forêt rapidement autonome.
En 2026, le projet est en cours. Le paysage évolue progressivement. Bientôt, ce lieu calme pourra accueillir visiteurs et riverains, invitant à la promenade et à l’observation de la biodiversité autour du musée.

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