Le Musée d’art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole (MAMC+) propose une expérience inédite intitulée L’horizon d’une prairie. À l’occasion d’une nouvelle phase de travaux rendant les espaces d’exposition temporairement inaccessibles, le musée investit autrement ses lieux et son environnement immédiat pour interroger notre rapport au vivant et aux enjeux écologiques contemporains.
Hall d’accueil, auditorium, Bibliothèque Jean Laude et prairie attenante deviennent ainsi les espaces d’un événement éphémère et gratuit, ouvert à tous, où se croisent art, architecture, écologie et transmission.
Une maison dehors, le vivant dedans
Le MAMC+ invite l’artiste stéphanois Emmanuel Louisgrand (1969) à investir le hall d’accueil et la prairie du musée avec une installation singulière et participative.
À sa sortie de l’École des Beaux-Arts de Lyon en 1995, l’artiste s’installe à Saint-Étienne et occupe une parcelle de jardin ouvrier dans le quartier de Tardy, comme espace d’atelier à ciel ouvert. Ce geste artistique radical implique un travail avec le vivant, qui l’a conduit à penser des installations contextuelles suivant des temporalités longues mêlant le relationnel, l’humain, le jardin et le jardinage comme pratique artistique. Héritier d’œuvres comme celle de Joseph Beuys ou de l’Arte povera, Emmanuel Louisgrand conçoit ses jardins comme des œuvres-manifestes qui offrent des espaces de sociabilité.
« Parcelle 64, Jardin laboratoire » est une installation de 100 m2 qui transforme l’espace d’accueil en un paysage sensible, entre mémoire sociale, culture populaire et attention portée aux cycles naturels. Construite en bois, grillages et tôles ondulées, elle invite les visiteurs à la parcourir mais aussi à participer au processus de production du jardin par la réalisation de légumes et objets en plâtre.
Dans la prairie du musée, Emmanuel Louisgrand plante également deux lignes de tulipes rouges et jaunes pour former Una linea di tulipani, dont la floraison prévue au printemps contribuera au projet L’horizon d’une prairie.
En extérieur, la prairie accueille la réactivation de The House of Dust, oeuvre emblématique de l’artiste américaine Alison Knowles, figure majeure du mouvement Fluxus. Conçue à l’origine en 1967 à partir du premier poème informatisé coécrit avec le compositeur James Tenney, cette sculpture habitable fait l’objet d’une nouvelle itération à Saint-Étienne. Mené en partenariat avec l’École nationale supérieure d’architecture de Saint-Étienne (ENSASE) et l’Institute for Lightweight Structures and Conceptual Design (ILEK) de l’Université de Stuttgart, ce projet pédagogique et expérimental aboutira à la construction progressive d’une structure en béton, réalisée à partir de matériaux locaux et de technologies innovantes. L’oeuvre deviendra un lieu d’activations et de rencontres pour les étudiants et les publics. Le projet bénéficie du soutien de la bourse Étant donnés (Fondation Albertine / Villa Albertine).
