Le Musée d’art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole (MAMC+) propose une expérience inédite intitulée L’Horizon d’une prairie. À l’occasion d’une nouvelle phase de travaux rendant les espaces d’exposition temporairement inaccessibles, le musée investit autrement ses lieux et son environnement immédiat pour interroger notre rapport au vivant et aux enjeux écologiques contemporains.

Hall d’accueil, auditorium, Bibliothèque Jean Laude et prairie attenante deviennent ainsi les espaces d’un événement éphémère et gratuit, ouvert à tous, où se croisent art, architecture, écologie et transmission.

Échos végétaux

Source d’inspiration infinie, la nature est une œuvre d’art en soi à ciel ouvert. En écho avec L’Horizon d’une prairie et l’installation singulière d’Emmanuel Louisgrand au musée et à ses abords, la bibliothèque Jean Laude présente un récit en images avec les principaux sujets concernés : arbres, fleurs, plantes, feuilles… Ici la nature est à la fois le sujet, le matériau ou le support d’artistes des années 1970 à aujourd’hui.

L’exposition propose un parcours sensible où l’art rejoint l’écologie dans la pratique même des matériaux et des formes. Page après page, elle engage à repenser notre manière d’habiter le monde, à renouer avec la nature et à l’observer autrement.

À travers des publications dans lesquelles l’image, la matière et le geste éditorial se répondent, elle interroge notre fascination pour les paysages, les plantes et les formes naturelles, autant désirées, observées, collectionnées que transformées. Ces ouvrages interpellent sur notre écosystème et notre place au sein du vivant. Ils encouragent à feuilleter la terre et à en découvrir les strates. Comment l’homme façonne-t-il le paysage ? Comment la nature inspire-t-elle, résiste-t-elle, ou se venge-t-elle ?

Ainsi, divers regards créatifs, nourris d’intime et de collectif, témoignent d’une nature sauvage ou domestiquée et permettent de redécouvrir et de renouveler notre relation au vivant, respectueuse et clé de voûte de toute vie. Qu’elle soit sauvage, réserve naturelle, jardin de proximité, lieu d’expérimentation végétale, territoire de recherche, aire de promenade ou espace de convivialité, la nature se révèle en un champ des possibles, métaphorique et poétique, et invite à ne pas oublier ce qu’il y a de plus essentiel au fond et autour de nous.

Artistes du Land Art ou de l’Arte Povera, artistes à la fibre jardinière ou amateurs de botanique, ces créateurs composent avec la terre, le végétal et les éléments naturels à travers leurs pas ou gestes, faisant de leurs œuvres des laboratoires de formes et d’idées, un art du lieu naturel ou des jardins.