En 2017, le MAMC+ célébrait ses trente ans. Pour fêter l’occasion, le Musée a imaginé un an plus tôt un nouveau catalogue de ses collections. L’ouvrage, finalement paru en avril 2021, présente sous un nouveau jour les collections du MAMC+. Il en éclaire différents pans et place les œuvres en majesté. Il apporte enfin un nouvel éclairage sur la collection, plus de dix ans après le dernier catalogue qui lui était consacré. 

Média

Les prémices d’un catalogue

Ce nouveau livre est initié par l’ancienne direction du Musée, sous l’égide de la directrice intérimaire Martine Dancer-Mourès, de la conservatrice Agnès Lepicard et de Christian Gay responsable de la Bibliothèque Jean Laude. Ensemble, ils imaginent un "beau livre-objet, graphiquement fort, d’environ 250 pages, bilingue".

Comment présenter le Musée aujourd’hui ? Tel est le questionnement principal.

L’arrivée d’Aurélie Voltz à la direction du Musée en septembre 2017 puis celle d’Alexandre Quoi à la tête du département scientifique du MAMC+, donnent un coup d’accélérateur au projet. Si l’architecture principale de l’ouvrage est gardée telle quelle, plusieurs auteurs viennent toutefois enrichir le livre, afin de mieux explorer les axes forts ou méconnus de la collection. Un cahier d’œuvres supplémentaires est également ajouté afin de mettre en lumière des œuvres phares ou méconnues du Musée.

Média

Concevoir un catalogue c’est tout d’abord lister ce que l’on va mettre dedans ! Ce petit truisme souligne la première étape d’un ouvrage. Comme un dessin ou une architecture, il faut réfléchir à sa trame, en l’occurrence son sommaire. En édition, on appelle cela un "chemin de fer", soit l’avancée page par page d’un ouvrage. 

Réfléchir au chemin de fer, c’est déjà orienter l’ouvrage et lui donner une direction générale. En l’occurrence, pour Collections, trois mouvements successifs propres à l’ouvrage se dégagent :

  1. Raconter son histoire. 
  2. Mettre en valeur les fonds importants du Musée : le symbolisme, le fonds Victor Brauner, les arts premiers, l’héritage du directeur Maurice Allemand et son fonds d’art moderne, l’art minimaliste américain, les fonds d’art conceptuel et Narrative art constitués par des donations majeures, le mouvement Fluxus, celui de Supports / Surfaces, la collection plurielle de photographies, puis celle de design, le fonds Paul Martial, et enfin le dessin contemporain. 
  3. Donner à voir ses œuvres emblématiques ou méconnues en pleine page.

Le chemin de fer évolue avec le temps, les discussions et les échanges. Il faut ensuite fixer les contours extérieurs de l’ouvrage. Des choix s’imposent : couverture rigide ou couverture souple ? Carnet ou grand ouvrage imposant ? Voilà de quoi donner du grain à moudre au graphiste chargé d’imaginer l’ouvrage, tant sa forme extérieure que son intérieur. 

Média
Média

Le temps des marchés publics

Institution publique oblige, le MAMC+ lance deux marchés publics. L’un concerne le graphisme tandis que l’autre englobe les différentes phases de l’édition :  suivi éditorial, relecture, achat de papiers, photogravure, impression et façonnage, transport et communication autour de l’ouvrage. 

Le Musée s’adosse ainsi à un éditeur en propre pour réaliser son ouvrage. Cet éditeur lui permet de bien fabriquer l’ouvrage et de le diffuser au mieux dans les librairies. L’éditeur belge francophone Snoeck Publishers est retenu dans le cadre du marché public. Catherine Barluet prend quant à elle les commandes du graphisme. 

LE PROJET GRAPHIQUE DE CATHERINE BARLUET

La graphiste propose rapidement des projets de couvertures et une maquette intérieure. Son idée graphique reprend les lignes extérieures du bâtiment du MAMC+, constituées de carreaux noirs et de lignes blanches. Cette architecture rappelle le passé minier de Saint-Étienne. Ces mêmes croix noires caractéristiques du bâtiment rythment les différents chapitres à l’intérieur de l’ouvrage.

Catherine Barluet opte pour des vues du bâtiment en couverture, puis préfère finalement reprendre la noirceur radicale du bâtiment et la simplicité de ses lignes blanches. La couverture est trouvée. 

Pendant ce temps-là, la machine éditoriale se met en branle. Faire un livre demande de respecter des étapes, dont l’ensemble se nomme "chaîne éditoriale". Au sommaire suivent la commande aux auteurs, la réception et correction des textes, leur traduction en anglais et correction, la recherche iconographique, et enfin l’envoi des éléments au graphiste. 

Média

Le temps de l’édition

Les textes du catalogue arrivent petit à petit. Il est difficile pour certains auteurs de s’astreindre au nombre de signes demandés. En effet certains sujets appellent des précisions, des faits méconnus voire une analyse poussée. Si l'on ne peut citer ici tous les essais du catalogue, celui de la directrice du MAMC+ Aurélie Voltz, a le mérite d'ouvrir l'ouvrage avec l'histoire passionnante du Musée. Il tire les fils de sa genèse depuis la fin du XIXe siècle jusqu’à son ancrage dans le territoire actuel. 

La traduction vers l’anglais est réalisée par des traducteurs hors pair tels Anna Knight, Patrick Kremer, ou Charles Penwarden. Aux textes s’adossent des images : des vues d’œuvres pour la plupart, mais aussi des vues d’expositions, datant parfois des années 1950, des documents, archives et correspondances. Le service Inventaire et Récolement du Musée (un des services du département des Collections du Musée) met à disposition les fichiers en haute définition ainsi que les légendes associées. Cette étape facilite grandement le travail de l’éditeur du Musée et par ricochet, celui de l’éditeur associé et du graphiste.
 

Média
Média

La photogravure, dernière étape avant l’impression

À titre d’exemple : un fichier de bonne qualité, d’une œuvre en bon état, demandera peu ou pas de retouche en photogravure. Il permettra de représenter sous son meilleur jour l’œuvre du Musée. Pour le lecteur, cela peut être source de curiosité, d’émerveillement. Pour les commissaires d’expositions ou les institutions, cela permet également de savoir si une œuvre est en bon état, à quoi elle ressemble, etc. 

Ce travail minutieux avec le département des Collections met en évidence la collaboration inter-services nécessaire à l’élaboration de cet ouvrage. Concevoir un tel catalogue requiert la participation de plusieurs services du Musée et convoque souvent les mémoires, les souvenirs. Le service Communication et Mécenat du Musée raconte par exemple l’histoire du Prix des Partenaires, tandis que le service Technique retrace les moments clés de certaines grandes expositions, jalons de l'histoire du Musée.

Dernière étape avant l’impression : la photogravure. Derrière cette mention technique se cache l’optimisation des images afin de corriger des couleurs, de gommer des malfaçons, rayures ou autres, en vue de l’impression. Chaque image est ensuite  imprimée sous forme de Cromalin®. Il s’agit d’un système d’épreuves couleurs servant de référence pour l’impression d’un ouvrage.

Média

L'impression

L’impression du catalogue Collections est confiée à l’imprimeur Graphius. Celle-ci débute en février 2021 mais doit être rapidement stoppée. En effet l’ajout d’un cahier supplémentaire d’œuvres et l’augmentation du nombre de signes ont fait gonfler l’ouvrage. Des 250 pages initialement prévues, Collections est monté à 420 pages : presque le double ! Les pages supplémentaires ont une incidence sur la forme initialement imaginée. 

L’ouvrage devait à l’origine présenter une reliure suisse dont la particularité est de pouvoir lire le livre à plat. Mais celle-ci supporte mal les cahiers intérieurs épais. Une reliure plus classique - un dos collé cousu - est finalement choisie. Le calage en impression est réalisé par Snoeck Publishers.

Média
Média

Le "bébé" arrive en avril 2021. Il aura grandi, grossi, occupé de longues journées et quelques nuits, mais le voici bel et bien né, promis à de belles lectures. 

  • Collections. 
    Direction d'ouvrage : Aurélie Voltz, directrice générale du MAMC+ et Alexandre Quoi, responsable du département scientifique.
    Textes d'Aurélie Voltz, Jean-David Jumeau-Lafond, Jacques Beauffet, Aurélien Gaborit & Sarah Lignier, Cécile Bargues, Ann Hindry, Alexandre Quoi, Olivier Lussac, Romain Mathieu, Nicolas Pierrot, Anne-Céline Callens, Agnès Lepicard et Arthur Dayras. Édition bilingue français – anglais. Coédition avec Snoeck Publishers. 420 pages. Prix : 39 euros.

Découvrez les collections du MAMC+

Retrouvez Collections à la Librairie du MAMC+, du lundi au dimanche (sauf mardi) de 11 h à 13 h et de 14 h à 17 h 45.

Média