En 2017, le MAMC+ est sollicité par le Fuji Art Museum de Tokyo. Une grande exposition sur la splendeur de la peinture française se prépare. Le musée japonais souhaite présenter deux de nos chefs-d'œuvre : L'Entrée du Christ à Jérusalem réalisée par Charles Le Brun, peintre du roi Louis XIV, et Politès peint par Hippolyte Flandrin, l'un des élèves d'Ingres. 

L'exposition La quintessence de la peinture française vue à travers les yeux de René Huyghe réunit des œuvres de la France entière. Elle est présentée tout d'abord à Tokyo du 5 octobre 2019 au 19 janvier 2020, puis Osaka et enfin sur l'île de Kyushu. Le MAMC+ accepte de prêter gracieusement ces deux tableaux et profite ainsi d'une occasion unique de valoriser ses œuvres au pays du Soleil-Levant.

Découvrez étape par étape la préparation des deux œuvres : 

Une inspection minutieuse

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Dès réception de la demande de prêt, l'équipe du musée vérifie que les œuvres sont en état de voyager. Alors que l'on observe attentivement la surface peinte du tableau de Charles Le Brun, un détail attire l'attention : la couche picturale (surface peinte) présente un aspect irrégulier. Le Musée demande l'avis d'une restauratrice. Elle scrute le tableau dans les moindres détails :  des petites parties de peinture n'adhèrent plus suffisamment à la toile et risquent de tomber en cas de transport. Il s'agit d'un soulèvement de la couche picturale. Le tableau d'Hippolyte Flandrin présente les mêmes altérations.

Impossible de faire voyager les deux œuvres sans une intervention de la restauratrice.

Préparation et installation

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La restauration a lieu un mardi, jour de fermeture du musée. Les œuvres sont installées dans une salle d'exposition temporairement transformée en atelier de restauration.

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Les dos en polycarbonate protégeant le revers des tableaux sont retirés. La restauratrice peut alors accéder à tous les recoins et vérifier qu'il n'y a aucune autre altération.

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Les œuvres sont couchées sur des mousses disposées au sol. Le refixage de soulèvements nécessite en effet un traitement à plat.

Un pont est installé au-dessus des œuvres pour permettre à la restauratrice d'atteindre les zones à traiter. Les grandes dimensions de ces tableaux dépassant les 2,50 mètres obligent à travailler dans des poses peu confortables !

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Restauration

La restauratrice applique de la colle d'esturgeon sur les soulèvements. Ces derniers sont progressivement remis en place à l'aide de légers sacs de plomb et d'une spatule chauffante.

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Cette étape achevée, la restauratrice procède au dépoussiérage des tableaux à l'aide d'un pinceau et d'un aspirateur spécial. Ni poussières ni spores ne seront rejetées dans l'air.

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La restauratrice termine par une petite retouche du vernis qui recouvre la couche picturale.

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Mise en caisse

Les œuvres sont enfin prêtes à partir !

On les installe dans des caisses fabriquées sur mesure pour ce voyage au Japon. Elles sont calées par plusieurs couches de mousse pour les protéger des vibrations durant le transport. Des panneaux de polystyrène tapissent l'intérieur des caisses, les rendant isothermes. Les variations de température et d'hygrométrie sont ainsi réduites dans les caisses. En effet, il ne faudrait pas que les œuvres subissent des changements d'atmosphère trop brutaux lors des différentes étapes du transport.

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Les œuvres quittent le MAMC+ sous l'œil vigilant de l'équipe du musée.

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400 prêts par an

65 restaurations par an

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